Une petite bulle de chewing gum blanc
Elle se dégonflait déprimée et pleurait sur ses proses,
Pauvre créature caoutchouteuse mal baisée,
Pour se réconforter tomba dans les bras d'une langue morose.
Elle dansait avec elle, ensalivée par des rythmes endiablés,
Elle se balançait s'oubliant pour cette danse,
Envoutante et perverse,
la torturant aux hachoirs clôturant sa demeure.
Et la langue traitresse,
la largue futilement sur le bord d'un trottoir et lui brisa le c½ur.
La petite bulle de chewing gum blanc alla voir un psy.
Après quelques séances inutiles sur sofas,
Trop chères payées pour un psy endormi,
Les morceaux de son c½ur en valise, s'en alla.
Et quand la nuit fut tombée,
Fit escale dans un bar,
Elle y troqua un c½ur fracturé
Contre un petit quelque chose à boire.
Et de son verre de vodka elle ne vit pas la fin,
Et elle perdit ainsi tout l'éclat de son teint,
La petite bulle si rose attrapa une cirrhose.
Et dans les rues de la ville on voyait vadrouiller,
Une bulle de chewing gum vert, sénile et paumée,
Désespérément seule sans aucun sex-appeal,
Elle se jeta dans les draps d'un blaireau bullophile.
Et se fit mâchouillée, mastiquée, écrasée, avalée,
Pour finir comme une merde au fond des cabinets.